tout doucement

pendant que quelqu’un m’annonce qu’il cherche à nouveau du travail, je t’entends te saisir du téléphone de ta chambre.

c’est un petit peu long, tu as de sacrées mains et des articulations qui ne sont plus toutes jeunes.

je t’avais entendu dire au loin « c’est gonzague? » deux ou trois fois avant que tu entendes bien la réponse.

oui, c’est moi. ça fait longtemps que je n’ai pas appelé et j’ai raté le jour de ta fête. nul ton petit fils hein?

il y pense pourtant, à son grand père, seul parmi les autres résidents. perdant peu à peu la mémoire mais qui n’oublie pas sa famille. dont le fils et la femme sont les visiteurs les plus fréquents.

un peu étonné que tu te rappelles, je t’entends demander « tu te plais toujours à Paris? ». bien sûr que je m’y plais. si on met à part le comportement imbuvable de la plupart des habitants, c’est une ville animée, ça me manquait. c’est juste un peu loin de ma petite famille..

puis vient la question qui refait souvent surface et à laquelle mes réponses sont pour le moins décevantes en général : « tu reviens quand à wimereux? »

j’annonce que ce weekend je serais là et tu me réponds tout doucement une phrase que je n’oublierais pas « tes visites sont celles qui me font le plus plaisir« .

à retardement, sur mon visage, coulent les larmes d’émotion que j’aurais du avoir en te parlant au téléphone, pendant ma pause déjeuner.

27 commentaires

  1. Gonzy, je ressens exactement la même chose quand je téléphone à mes grands-parents maternels ! J’aime les voir, j’aime leur parler, j’aime apprendre des choses d’eux. Et aujourd’hui, j’aime m’occuper d’eux… ils m’ont tellement donné quand j’étais petite : ils m’ont appris à compter, à faire du roller, à faire du vélo, à lire, à être curieuse… Je leur dois tellement de choses !
    Bon, je m’arrête là. Parce que moi aussi, je suis comme toi, j’ai parfois les larmes aux yeux en pensant fort à eux. Ils sont tout pour moi !

  2. 3h29 du matin, je ne dors pas, et de blogs en blogs, je tombe chez toi, comme souvent, mais là ……….

    J’ai lu ton texte, 1 fois, puis 2 puis 3 … et ce sont mes larmes à moi qui ont coulé pour 1 raison très simple, j’ai passé trop de temps, à cause du boulot, bien loin de la seule grand mère qui me restait …. il y a encore 10 ans.

    Ton texte m’a fait ressurgir à la figure ce que j’ai pu louper, ce que j’aurais voulu lui dire, ou tout simplement ……. la serrer dans mes bras une dernière fois comme elle a pu le faire quand j’avais 5 ans.

    Mais voilà, la vie est faite comme ça, elle file trop vite et nous éloigne trop rapidement des fondamentaux. et un jour ………

    Putain Gonzague, j’ai 39 piges et si on m’avait dit qu’un jour je laisserais couler des larmes en lisant 15 lignes écrites par un jeune loup …. je ne l’aurais pas cru.

    Tu fais chier.

    Mais merci quand même.

    ps: prends toujours le temps de ne pas oublier tes proches, plus tard tu auras toujours le temps de te souvenir.

  3. 3h29 du matin, je ne dors pas, et de blogs en blogs, je tombe chez toi, comme souvent, mais là ……….

    J’ai lu ton texte, 1 fois, puis 2 puis 3 … et ce sont mes larmes à moi qui ont coulé pour 1 raison très simple, j’ai passé trop de temps, à cause du boulot, bien loin de la seule grand mère qui me restait …. il y a encore 10 ans.

    Ton texte m’a fait ressurgir à la figure ce que j’ai pu louper, ce que j’aurais voulu lui dire, ou tout simplement ……. la serrer dans mes bras une dernière fois comme elle a pu le faire quand j’avais 5 ans.

    Mais voilà, la vie est faite comme ça, elle file trop vite et nous éloigne trop rapidement des fondamentaux. et un jour ………

    Putain Gonzague, j’ai 39 piges et si on m’avait dit qu’un jour je laisserais couler des larmes en lisant 15 lignes écrites par un jeune loup …. je ne l’aurais pas cru.

    Tu fais chier.

    Mais merci quand même.

    ps: prends toujours le temps de ne pas oublier tes proches, plus tard tu auras toujours le temps de te souvenir.

  4. Gonzague , le temps passe , moi j’ai pas eue ta chance , j’aurais bien aime pouvoir le faire même si a nos ages nous n’avons pas que cela a faire 😉

  5. Oui le temps passe: nous, on veut aller vite, tout capter…pendant qu’eux attendent qu’on vienne, attendent tout simplement et un jour ils partent…
    Pas besoin de motivation pour aller le voir.

  6. Hubert : merci à toi, c’est bien ce que je compte faire. Je pense même à faire quelques vidéos sur les sujets qui lui sont chers… s’il est d’accord
    Babillages : ça fait plaisir que des gens comme toi soient là pour eux. dans les maisons de retraite, plus de la moitié des gens sont abandonnés par leur famille. Un peu effrayant :/
    Philippe : hello Philippe, merci. Oui la vie file vite. Il y avait une chanson sur le thème des choses qu’on aurait voulu dire, voulu faire, je ne trouve plus le nom mais je l’aimais beaucoup. Mes 15 lignes n’étaient pas là pour faire mal. C’est pour moi un moyen simple de rédiger ce qui me passe sur le coeur, de le relire. Prends soin de toi
    Olivier : je ne sais pas. J’espère qu’il ne sonne pas triste
    Euroteam : c’est un peu le dilemme, d’un côté une vie animée, de l’autre des proches qui peuvent disparaître à tout moment
    Toma : c’est peut être ça. Et oui, j’ai habité à Wimereux pendant 18 ans
    Yael : c’est après la rédaction de ce type de textes que je me rends compte que la prochaine fois que je serais chez mes parents, je ne vais pas attendre que mon père me *demande* d’aller le voir

  7. Toujours aussi beaux, émouvants, poignants tes textes sur tes grands parents.

    Je trouve ça vraiment génial de pouvoir le dire si simplement.

    Je n’ai qu’un mot profites-en bien car quand ils partent un grand vide s’installe

  8. Je suis la seule à avoir sauter sur mon téléphone pour appeler l’un de mes grand-parents après avoir lu ce texte?
    Merci Gonzague de m’avoir rappelé qu’il n’y a pas que métro-boulot-dodo dans la vie!

  9. Petite larme de mon côté devant ce texte aussi.
    Profite de lui, passe du temps avec lui, dit lui que tu l’aimes, tout ce que tu ressens…
    J’ai fait l’erreur de ne pas le faire avec mon grand-père paternel, et aujourd’hui, il est en train de partir, et je me rend compte que je ne lui ai pas rendu tout ce qu’il m’a offert jusqu’aujourd’hui.
    Profitons de ceux qui nous sont cher bordel!

  10. Eh oui les grands parents sont importants, encore plus quand ils nous en restent peu…

    Bref failli verser une larme 🙂

  11. Merde, tu m’as fait chialer! au bureau c’est un peu l’affiche…
    Je me surprends assez souvent à composer le numéro de ma grand-mère, en me souvenant trop tard qu’elle est partie depuis 3 ans maintenant… Mais elle m’a fait un beau cadeau en partant, elle m’a laissé son souvenir.

  12. Gonzague, que dire ?
    surtout après les commentaires précédents..continue à écrire ces belles lignes et à profiter de ton grand père…

    tes écrits me permettent de replonger dans mes « tendres » années quand je jouais chez ma grand mère…

    Merci ! and take care of you !

  13. Le seul conseil que je peux te donner Gonzy, c’est de profiter un max avec eux. Dis toi que tu es leur grande fierté et que rien n’ai plus important !
    Bonne continuation.

  14. Comme certains de tes textes précédents, celui-là me semble tellement réel, et me fait culpabiliser de ne pas rendre plus souvent visite au mien…seulement lui ne se souvient plus…

  15. Guillaume : merci mille fois, c’est vrai que c’est dit simplement. En même temps je me vois mal écrire « compliqué »
    Andréa : je ne sais pas 🙂 mais de rien
    Angele : ^^
    Hugo : c’est dur de rendre aux gens ce qu’ils t’offrent, mais je ne pense pas qu’ils t’en veuillent spécialement
    Siciliano : on va finir par mettre un compteur de larmes dans les billets
    SarahH : aaaargh pas au taf nooon :/ . et toi c’est ton commentaire qui me donne envie de lacher une larme, c’était beau.
    Weetabix : merci à toi
    Ludoortiz : ça sera fait
    R : je suis sûr qu’il y a un petit truc au fond de lui qui lui suggère qu’il te connaît 🙂 et qu’il t’aime

  16. et oui voilà ce qui arrive quand son grand père vieillit moi il me prend pour maman et quand il me parle de vianney me dit qu’il s’appelle christian et que papa s’appelle martin.
    enfin bien dômage et c’est dans ces moments là que les gens ont un grand besoin d’affection.
    sur ce je salue maurice roi de la glisse qui ne lira jamais cet article mais je sais que toi gonzague tu le lira et saura pourquoi je dis cela.

  17. Cher Gonzague,

    Vivement que ton grand père crève pour ne plus avoir à lire ce genre de billets.
    J’ai moi aussi versé une lame (de rire).

    Camille,

  18. @dambricourt : 🙂 il était content qu’on soit là ce weekend
    @CamilleDupois : je ne sais pas ce qui me vaut ces propos indélicats mais je n’adhère pas trop. Je suis loin d’être pressé de voir mon grand père mourir… et si ce ‘genre de billets’ te gêne, n’hésite pas à aller lire ailleurs 🙂

  19. Il faut en profiter tant qu’ils sont encore là… Merci pour ce billet qui fait réfléchir et relativiser sur pas mal de choses ! 😉

  20. Remarquable, votre texte, Gonzague. Amer aussi…
    Beau, beau à pleurer, mais à trop jouer les sages (comme des images ?) n’en perd-on pas un peu de soi ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *