Test : Gogoro Eeyo 1S

La société Volt Corp, qui distribue le vélo Gogoro Eeyo 1S, me l’a aimablement prêté quelques jours afin de le tester. Alors que vaut ce vélo tout en carbone (.. à part.. valoir 4699 euros) ?

Un vélo à assistance électrique (V.A.E) en carbone? Bien sur que j’ai été intrigué par son incroyable design quand il a été annoncé. Et j’avais envie de l’essayer mais sans être sûr que cela serait possible!

Reprenant un principe proche du e-Jitensha (essayé ici) d’un moteur roue intégrant la batterie, il est en revanche plus moderne esthétiquement et au niveau des matériaux.

Comme d’habitude, je vous propose de le découvrir en vidéo et je complète celle-ci avec cet article écrit :

Made in Taiwan, par Gogoro

Le Eeyo 1S est conçu et fabriqué par Gogoro, une société taïwanaise plus connue pour ses scooters électriques (qui eux aussi intègrent le moteur dans la roue arrière)

Le moteur / batterie du Gogoro qu’ils appellent la “Smartwheel”

11.9 kilos, combattant poids plume.

Le poids est un argument massue (hahahaha. pardon) dans la “guerre des vélos” et chacun y va de son bla-bla sur le poids du vélo.

C’était par exemple un des arguments mis en avant par Angell qui clame que son vélo fait 13.9 kilos *avec* batterie quand en fait les clients le pesant constatent plutôt 16.75 kilos soit presque trois kilos d’écart.

Le Eeyo, fait de carbone, une matière à la fois légère et résistante (et couteuse) fait lui 11.9 kilos avec batterie. C’est donc le vélo le plus léger que j’ai pu essayer en vélo à assistance électrique.

Son poids est concentré à l’arrière (où se trouve le moteur/roue/batterie) ce qui le rend peu pratique à porter… (comme le Angell).

Une affaire de tailles.

Le Eeyo 1S est disponible en 5 tailles : XS (165 à 170cm), S (170 à 175cm), M (175 à 180cm), L (180 à 185cm), XL (185 à 190cm)

Et il faut bien choisir la taille qu’on veut: la hauteur de selle n’est ajustable que de -1/+1cm ..

Je fais 1.78m et ai essayé le modèle “M”.

La fiche technique du vélo

Avant d’entrer dans les détails de mon essai/avis, voici les caractéristiques de la bête:

  • Cadre, fourche, guidon, jantes et tube de selle en Fibre de carbone
  • Poids de 11.9 kilos hors accessoires type lumière, catadioptres
  • Disponible en 1 couleur : blanc “chaud” , finition matte
  • Pneus MAXXIS 700 X 28C
  • Transmission par courroie Carbon Gates Drive
  • Single speed
  • Frein avant à disque (non hydraulique) TRP
  • Frein arrière patins (V-Brake) Tektro
  • Moteur 250 watts avec 2 modes
  • Batterie non amovible 123.4 Wh (autonomie annoncée : 90km en éco, 60km en mode sport)
  • Chargeur léger de 50 watts / charge en 2.5h
  • Capteur de couple, de vitesse et de température
  • Connectivité Bluetooth 4.0
  • Etanchéité IPX4
  • Système ‘anti-vol’ par ralentissement de la roue arrière

A la conduite

La conduite du Eeyo 1S est très agréable même si je le n’utiliserai pas forcément à l’année: il est sportif, dynamique, la légèreté se ressent.

L’assistance n’est pas d’une fluidité dingue (je trouve qu’on sent trop peu le côté progressif donné par le capteur de couple même s’il existe).

Le vélo amène vite à 25km/h en mode sport, un peu moins vite en mode éco (mais sur plat, l’éco reste très très confortable). Le Eeyo m’a semblé à l’aise dans une montée forte (rue de Belleville) . Quand le vélo roule, l’application iOS/Android qui vient avec affiche en temps réel la vitesse de celui-ci.

Comme sur les concurrents essayés qui n’ont pas de vitesses (Cowboy, Angell) la seule limite est qu’une fois passés les 25km/h (ou 27/28 selon les modèles) que l’assistance vous aide à atteindre, on a l’impression de pédaler un peu dans la semoule si on veut aller plus vite pendant longtemps. C’est très subjectif et c’est lié au fait que je suis utilisateur de vélos “musculaires” (sans assistance) qui ont l’avantage de ne pas présenter ce problème.

Côté confort, le Eeyo étant très rigide, il n’est pas d’un confort fou. Sur plat, aucun souci mais sur terrain accidenté ça sera une autre histoire. Ce n’est pas propre à ce vélo précis.

Les fans de simplicité apprécieront le fait qu’il n’y a pas de bouton ou d’écran sur cet engin venu du tout droit du futur.

Etrangeté à laquelle on s’habitue, le vélo siffle quand le moteur fonctionne.

Point un peu chiant, au dessus d’environ 32km/h l’assistance se désactive complètement et ne se réengage qu’en redescendant à 12km/h..

Le côté connecté

Le Eeyo n’est pas utilisable sans son application qui sert à activer/déverrouiller la “Smartwheel” et à changer entre le mode Sport/Eco (et vous indique le pourcentage de batterie restant).

L’application fournie avec le vélo est très épurée elle aussi (mais pas forcément méga intuitive). Il n’y a quasiment aucun réglage, fonction. On bascule entre les modes, on règle au bout de combien de temps la roue doit se verrouiller.. c’est à peu près tout. Cela évoluera peut être dans le temps avec des mises à jour. Oubliez pour le moment le fait de voir vos trajets remonter dans l’app, ou autre.

La fonction antivol active une sorte de frein mécanique qui complique la rotation de la roue arrière sans totalement empêcher sa rotation. Ce système nécessite une petite prise en main et a connu quelques bugs chez moi.

On est donc sur un aspect connecté – via Bluetooth 4.0 – mais très léger. Le smartphone est cependant indispensable pour allumer/arrêter la smartwheel et donc utiliser le vélo.

Les plus et les moins à mon gout :

Les côtés positifs :

  • Le poids
  • Assistance assez puissante
  • Le look de dingue
  • Côté très très haut de gamme du cadre 
  • Sorte de système antivol dans la roue  arrière (on dirait un frein mécanique activé par Bluetooth)

Les cotés négatifs : 

  • Aucun accessoire (hormis les accessoires obligatoires légalement et qui sont très moches, à ce prix… dommage)
  • Pas de garde boue donc
  • Frein avant à disque mais pas hydraulique
  • Pas de frein hydraulique à l’arrière (frein à patin)
  • Poids majoritairement à l’arrière 
  • Bridage étrange, quand on roule au dessus d’une certaine vitesse, il se met en mode protection et coupe l’assistance jusqu’à ce que l’on redescende à 12km/H
  • L’application est très basique et n’estime pas l’autonomie 
  • Batterie non amovible

Conclusion

Quand tu vas diner avec ton Eeyo.. tu le gardes à l’oeil

A 4699 euros, le Eeyo 1S est une petite merveille esthétique, son cadre au design très surprenant plaira aux esthètes qui veulent un bel objet mais ne cherchent pas forcément la performance mais apprécient le côté haut de gamme et la finition splendide.

C’est un vélo qu’on n’a pas peur d’accrocher au mur de sa maison/appartement.

Avec sa petite batterie non amovible, le mode “sport” du vélo ne vous emmènera pas très très loin. Le mode éco est néanmoins tout à fait “vivable”.

L’assistance – pas assez fluide à mes yeux – est en tout cas assez puissante pour ne pas mettre en défaut le vélo.

Le manque de possibilité de mettre des gardes boues et le fait que la selle ne soit pas très ajustable oblige à bien considérer son choix avant l’achat.. et aussi à se rappeler que ça compliquera la revente par rapport à une taille unique.

Où l’acheter

Vous pouvez retrouver ce vélo sur le site de VOLT dédié au Eeyo 1S (et à son frère moins couteux le Eeyo 1). Merci à eux pour le prêt du vélo.

Mise à jour de cet article au 16 Novembre 2020 :

Peu après mon test, l’application et le vélo ont été mis à jour avec les changements suivants :

1) région déverrouillée, possibilité de sélectionner la région des Etats-Unis pour 32km/h d’assistance
2) reprise de la vitesse à plus de 30km/h de 10 -> 18. (modification du mode de protection : la vitesse diminue à 18 km/h, au lieu de 12)
3) nouveau mode de conduite – NONE (conduite avec assistance désactivée) :
4) l’état de verrouillage et de déverrouillage reste synchronisé : supprime la confusion des informations de verrouillage et de déverrouillage sur l’application et le vélo (lorsque le consommateur verrouille ou déverrouille et déplace le vélo)
5) résolution d’un bug amenant l’assistance à s’arrêter